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Nutrition News for Africa

Résumé - 15 octobre, 2007

 

Un article intitulé "La supplémentation en vitamine A chez des enfants africains carencés en iode réduit la stimulation de la thyroïde par la thyrotropine et le taux de goitre" a été publié par Michael Zimmermann B et al. dans "American Journal of Clinical Nutrition 2007; 86(1):1040-44"

Introduction
La Carence en Vitamine A (CVA) et les Troubles Dus à la Carence en Iode (TDCI) coexistent souvent dans les pays en développement. On estime qu’entre 32 et 50% des enfants d'âge scolaire, vivant en milieu rural en Afrique de l’Ouest et du Nord, souffrent à la fois de CVA et de goitre. La supplémentation en vitamine A (SVA) à fortes doses est une stratégie recommandée pour contrôler la CVA dans les populations affectées, dont plusieurs sont à la fois carencés en iode. Inversement, de nombreux enfants carencés en vitamine A dans les pays en développement consomment du sel iodé. Dans la thyroïde, la CVA réduit l’assimilation de l’iode ainsi que son incorporation dans la thyroglobuline mais augmente aussi la taille de la glande. L'objectif de ce travail est d’étudier l’innocuité et l'efficacité de la réplétion avec l'iode ou la vitamine A (VA), isolément et combinés, chez des enfants d'âge scolaire souffrant à la fois de CVA et de carence en iode.

Méthodes
L'étude a été menée dans la province de Limpopo en Afrique du Sud chez des enfants d’écoles primaires rurales âgés entre 5 et 14 ans. Tous les enfants fréquentant les écoles ont été conviés à y prendre part. Les seuls critères d'exclusion étaient les principales maladies chroniques et une consommation récente d'iode et/ou de suppléments de VA L’étude qui a duré 6 mois, était un essai en double aveugle utilisant un plan factoriel 2 X 2. Apres diagnostic, les enfants ont été repartis au hasard pour recevoir, aussi bien à l'inclusion qu’à 3 mois, l'un des quatre traitements suivants: 1) Iode + Placebo (groupe IS), 2) VA (200 000 UI) + Placebo (groupe VA), 3) Iode et VA à la fois (groupe IS + VA) ou 4) Placebo. Au terme de l’étude, tous les enfants n’ayant pas été supplémentés ont reçu soit de la VA, soit de l’iode, ou les deux.

Résultats
Dans l’ensemble, les enfants étaient relativement bien nourris, comme indiqués par les indices "Taille selon l’âge" et "Poids selon l’âge" moyens : -0,56 et -0,59 Zscore, respectivement. Cependant, 12% des enfants avaient un taux de rétinol sérique (SR) de 0,7 mole/L, ce qui indique que la CVA dans cette région est un problème de santé publique modérée d’après les critères de l'OMS. Il n'y avait pas de différences significatives ni entre les variables de base, ni entre les 4 groupes après randomisation. Les supplémentations en iode et en VA ont été efficaces. Il n'y avait pas d’interactions significatives entre l'iode et la VA.

Discussion
Les données indiquent que la CVA modérée ne réduit pas l'efficacité de la supplémentation en iode dans la correction du dysfonctionnement de la thyroïde chez les enfants souffrant à la fois de TDCI et de CVA. Le résultat majeur de cette étude montre que la SVA, faite isolément chez des enfants carencés en iode et modérément déficients en VA, réduit le taux circulant d’hormone stimulant la thyroïde (TSH), la thyroglobuline sérique et la taille de la thyroïde, sans affecter sensiblement les concentrations d'hormones thyroïdiennes. Les auteurs concluent que la prophylaxie par l’iode est efficace pour le contrôle de la carence en iode, même dans les régions où le statut en vitamine A est faible. Par ailleurs, ils considèrent que les doses élevées de suppléments de VA sont probablement sûres et efficaces dans les zones à faible statut en iode.

Les résultats suggèrent que les doses élevées de VA dans une population peuvent influencer les indicateurs de la carence en iode, comme la thyroglobuline et le goitre, indépendamment d'un changement du statut en iode.